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# FIRE et retraite légale : trimestres, AGIRC-ARRCO, décote
<!-- edition: fr-only: French law end to end, replaced by the US-framework part in the English edition -->

L'actif le plus négligé d'un plan FIRE français ne figure sur aucun relevé de portefeuille. C'est la pension légale. Même une carrière écourtée à 40 ou 45 ans en a déjà constitué une, et elle arrivera à 64-67 ans sous la forme la plus précieuse qui soit en décumulation. Une rente viagère indexée sur l'inflation, à deux têtes via la réversion, garantie par le système le plus solide du pays ([[rentes-et-annuites]], tout ce que le chapitre des rentes cherchait, déjà acquis). L'ignorer coûte des années de travail superflues ([[erreurs-classiques-fire]], l'erreur « prudente » la plus chère). Mal l'estimer fausse tout le dimensionnement. Et ignorer qu'elle s'entretient à bas coût, par les trimestres d'une activité minime et les rachats déductibles, laisse dormir le meilleur rendement du patrimoine français.

Cet article donne la mécanique du système à deux étages, le régime de base à trimestres et la complémentaire à points. Il montre ce qu'une carrière écourtée produit exactement, la double peine décote-proratisation, et comment la limiter. Il donne la méthode pour chiffrer votre pension de futur FIRE. Il détaille les trimestres à bas coût, dont l'activité minime qui valide 4 trimestres par an, complément naturel de l'interrupteur PUMa ([[taxe-puma]]). Il pèse l'arbitrage de liquidation, 64 avec décote contre 67 à taux plein, moins évident qu'il n'y paraît. Il termine sur l'intégration au plan, avec sa décote de prudence politique. Chiffres à jour de la réforme de 2023 et de sa suspension partielle par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, état 2026. C'est le chapitre qui périmera le plus vite, et la vérification sur [info-retraite.fr](https://www.info-retraite.fr) prime tout ce qui suit.

::: cle Pourquoi c'est le deuxième paramètre du plan
Les analyses de sensibilité le montrent plan après plan. Après le niveau de dépenses, la pension (montant × date) est la variable qui déplace le plus la ruine ([[utiliser-la-page-fire]], l'aide du curseur le dit noir sur blanc). La raison est structurelle. Elle arrive précisément dans les scénarios longs, ceux où le portefeuille fatigue. Elle est indexée, l'actif anti-inflation numéro un ([[se-proteger-de-inflation]]). Et elle transforme l'horizon effectif du risque, car le plan de 50 ans devient un pont de 15-20 ans ([[horizon-et-esperance-de-vie]]). Une heure sur [info-retraite.fr](https://www.info-retraite.fr) vaut plus que dix heures de réglage de curseurs de marché.
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## Le système en deux étages, en version utile

**Le régime de base (l'assurance retraite).** La pension de base vaut SAM × taux × (trimestres validés / trimestres requis). Le SAM est le salaire annuel moyen des 25 meilleures années, chacune plafonnée au PASS. Attention aux carrières courtes. S'il y a moins de 25 années civiles cotisées, la moyenne se fait sur ce qui existe, y compris les petites années de début. Le FIRE parti à 45 ans avec 22 belles années a un bon SAM. Parti à 38 ans avec 15 années dont des débuts modestes, il a un SAM médiocre. Le taux est de 50 % au taux plein. On l'obtient soit par la durée, 172 trimestres pour les générations 1966 et suivantes, soit par l'âge. La loi de financement pour 2026 a gelé le calendrier de la réforme de 2023 jusqu'en janvier 2028, ce qui adoucit les générations 1964 à 1968 qui liquident dans cette fenêtre, sans rien changer aux suivantes. À 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit le nombre de trimestres. C'est la disposition la plus importante du chapitre pour un FIRE, car à 67 ans la décote disparaît toujours. Avant cet âge, la décote retient le plus favorable de deux comptes, les trimestres qui manquent pour la durée requise et ceux qui restent à courir jusqu'à 67 ans. Chaque trimestre décompté coûte 1,25 % de pension, soit 0,625 point de taux, dans la limite de 20 trimestres. Retenez la conséquence, car elle commande tout l'arbitrage de liquidation. Une liquidation à 64 ans ne peut manquer que 12 trimestres au regard de l'âge, si bien que la décote y plafonne à −15 %, quelle que soit la brièveté de la carrière. Reste la proratisation. Le ratio trimestres validés sur trimestres requis s'applique de toute façon. 120 trimestres validés sur 172 requis donnent 70 % de la pension de référence. C'est la « peine » incompressible de la carrière courte. Mais elle est linéaire et honnête, car chaque trimestre validé paie.

**La complémentaire AGIRC-ARRCO (les points).** Pour les salariés du privé, elle représente souvent 30-60 % de la pension totale. Ce sont des points achetés par les cotisations de toute la carrière, puis valorisés au tarif du moment de la liquidation. Il n'y a ni durée requise ni proratisation. Chaque euro cotisé a acheté ses points, et ils sont acquis. La complémentaire d'une carrière courte est donc simplement proportionnelle à ce qui a été cotisé. Sa décote propre suit ses propres règles. L'ancien malus temporaire de 10 %, le coefficient de solidarité, a disparu fin 2023. Reste un coefficient d'anticipation, définitif celui-là, dès que la base est liquidée sans taux plein. Il se lit dans deux tables, l'une par âge et l'autre par trimestres manquants, la plus favorable des deux l'emportant. Au-delà de 20 trimestres manquants, seule la table d'âge s'applique, et elle donne −12 % à 64 ans, zéro à 67. Sa revalorisation, enfin, n'est pas indexée sur les prix par la loi. Elle se négocie entre partenaires sociaux, et faute d'accord la valeur du point est restée gelée au 1er novembre 2025. Le relevé fait foi.

## Chiffrer sa pension de futur FIRE : la méthode

**L'outil.** C'est [info-retraite.fr](https://www.info-retraite.fr), le GIP officiel. On y trouve le relevé de carrière tous régimes, à faire corriger maintenant, car les erreurs de relevé sont fréquentes et plus faciles à réparer à 45 ans qu'à 66. On y trouve aussi le simulateur M@rel, qui accepte l'hypothèse clé pour nous, la projection d'un arrêt total avec des « revenus futurs à zéro ». **La méthode en quatre lignes.** Un, le relevé vérifié. Deux, une simulation M@rel avec revenus nuls dès votre date de départ et liquidation à 67 ans, le taux plein automatique, votre scénario de référence. Trois, la même à l'âge légal de 64 ans pour voir la décote. Quatre, une décote de prudence politique de 10-20 % sur le résultat, car les réformes passées ont toujours joué sur l'âge, la durée et l'indexation, sous-indexations et gels ponctuels compris ([[inflation-et-taux-de-retrait]]). C'est ce chiffre décoté, avec sa date, qui entre dans un simulateur. Les préréglages du curseur pension, le « stress », le central et l'officiel, encodent exactement cette logique de fourchette ([[utiliser-la-page-fire]]).

**L'ordre de grandeur à attendre**, pour calibrer l'intuition. Un cadre parti à 45 ans après 22 ans de carrière correcte touche typiquement, à 67 ans, une pension totale de l'ordre de 1 200-1 900 €/mois, base proratisée à taux plein plus points acquis. C'est loin d'une carrière complète, mais très loin de zéro. Pour le plan, ces 15-23 k€/an indexés à vie « valent » 350-550 k€ de capital, au prix d'une rente indexée équivalente ([[rentes-et-annuites]]). Soit le tiers d'un plan. Voilà ce que jette l'erreur « je compte zéro par prudence ».

::: science Les trimestres à bas coût : l'entretien du droit
Un trimestre se valide par 150 fois le SMIC horaire de revenus soumis à cotisations, soit 1 803 € en 2026, dans la limite de 4 par an. Il suffit donc d'environ 7 200 € de revenus cotisés dans l'année pour valider 4 trimestres, une micro-activité ou quelques missions. Attention à l'assiette en micro-entreprise, où le seuil se mesure sur le chiffre d'affaires après abattement, donc sur un chiffre d'affaires nettement plus élevé.

Voici la convergence remarquable du cadre français. Le même petit revenu d'activité qui éteint la taxe PUMa ([[taxe-puma]], ~9 600 €) valide les 4 trimestres de l'année, améliore la proratisation et la complémentaire, et amortit le risque de séquence ([[revenus-complementaires]]). Quatre bénéfices d'un seul geste. Le Barista FIRE français est structurellement subventionné ([[retour-au-travail]]).

S'y ajoutent les trimestres sans activité. Le chômage indemnisé en valide, et la rupture conventionnelle de départ prolonge donc la carrière. Certains congés et l'AVPF en valident aussi.

Restent les rachats, ces versements pour la retraite qui couvrent jusqu'à 12 trimestres d'études ou d'années incomplètes. Pour un départ visé à 67 ans, seule l'option « taux et durée » apporte quelque chose, puisque le taux y est déjà plein. Chers au tarif facial, ces versements sont déductibles du revenu imposable et méritent un devis. Le chapitre des rentes a montré qu'ils battent souvent toute rente privée ([[rentes-et-annuites]]). Demandez le devis gratuit sur info-retraite avant tout produit d'assureur.
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## Liquider quand : l'arbitrage 64/67, version FIRE

Le retraité classique arbitre entre partir tôt avec décote et partir tard avec surcote. Le FIRE, lui, ne travaille plus de toute façon, et son arbitrage est différent. Liquider tôt, c'est encaisser plus d'années de pension, même décotée, et éteindre la CSM-PUMa ([[taxe-puma]]). Liquider à 67 ans, c'est le taux plein automatique. La décote de la carrière courte disparaît alors. Mais l'écart entre les deux dates est plus petit qu'on ne le croit. À 64 ans, la décote de base est plafonnée par les 12 trimestres qui restent jusqu'à 67 ans, soit −15 %, et la complémentaire perd 12 % de son côté. Une carrière très courte ne s'expose donc pas à davantage de décote qu'une carrière longue, contrairement à l'intuition. Le calcul se fait en valeur actuarielle, et il est serré. Renoncer à environ 14 % de pension à vie contre trois années de pension encaissées place le point mort vers 85 ans, c'est-à-dire au voisinage de l'espérance de vie. La CSM évitée le repousse encore, car trois ans de cotisation en moins, disons 3 × 2 000 €, tombent dans le camp du départ à 64 ans. Attendre 67 ans reste le scénario de référence, mais c'est un choix de longévité et de réversion, pas une évidence arithmétique. Le calcul chiffré de votre cas appartient à la revue des années 60 et plus ([[revue-annuelle]]). N'oubliez pas non plus la réversion dans l'équation du couple. La base est à 54 %, sous conditions de ressources, la complémentaire à 60 %, sans condition de ressources mais perdue en cas de remariage. La pension protège aussi le survivant. C'est un argument de plus pour la compter à sa vraie valeur ([[couple-et-famille]]).

## L'intégration au plan : le pont, pas le mirage

Reprenons la structure du plan français type ([[horizon-et-esperance-de-vie]]). La pension convertit le problème « financer 45 ans » en « financer un pont de 15-22 ans, puis compléter un plancher largement couvert ». Les conséquences opérationnelles ont toutes déjà été croisées. Le dimensionnement se fait pension incluse, décotée, datée, jamais à zéro ni au relevé brut. La sensibilité se teste dans un simulateur, avec les trois préréglages et l'année de liquidation à ±2 ans. La phase à découvert concentre les protections ([[glidepaths]], [[cash-buffer]], [[obligations-indexees]], l'échelle du pont). Et l'entretien du droit, trimestres à bas coût, relevé corrigé, devis de rachat, figure au plan écrit comme n'importe quelle ligne d'actif. C'est un actif, le seul qui s'entretienne à 7 200 € par an.

::: exemple Le dossier retraite de Nadia et Marc, bouclé en deux soirées
Nadia (44 ans, 21 ans cotisés) et Marc (46 ans, 24 ans) prévoient de partir à 48 ans. Soirée 1, les relevés tous régimes, avec deux erreurs corrigées chez Marc dont une année 2009 manquante, puis M@rel en « revenus nuls dès 48 ans ».

À 67 ans, Nadia touche 1 310 €/mois et Marc 1 640 €/mois, base proratisée à taux plein automatique plus points. À 64 ans, chacun perd environ 14 %, décote de base plafonnée à 15 % et complémentaire minorée de 12 %. L'écart est plus faible qu'ils ne le pensaient, alors ils gardent 67 ans en référence et testent le départ à 64 ans en variante. Après une décote de prudence de 15 %, le plan retient 2 500 €/mois pour le couple à 67 ans.

Soirée 2, le devis de rachat pour Nadia, 8 trimestres d'études, jugé rentable à sa TMI actuelle de 41 % et signé avant le départ, tant que la déduction vaut cher. Puis la décision d'activité. Marc gardera ~10 k€/an de missions les premières années, soit 4 trimestres par an, PUMa éteinte et séquence amortie.

Dans un simulateur, on encode une pension de 30 k€/an en année 19-21 et on teste les préréglages stress et central. La ruine centrale passe de 11 %, pension ignorée, à 4,2 %. Près de sept points gagnés. Aucune autre décision du plan n'a jamais autant rapporté par heure investie.
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## L'essentiel à retenir

- Même une carrière écourtée a constitué une rente viagère indexée à deux têtes. Comptez typiquement 1 200-1 900 €/mois à 67 ans pour un cadre parti à 45 ans, soit l'équivalent de 350-550 k€ de capital. La compter à zéro « par prudence » est l'erreur la plus chère du FIRE français.
- La mécanique qui compte. Le SAM des 25 meilleures années, avec une attention aux carrières de moins de 25 ans. La proratisation linéaire, où chaque trimestre paie. Et le taux plein automatique à 67 ans, qui efface toute décote, le scénario de référence du FIRE. La complémentaire à points, elle, est acquise au prorata des cotisations, sans durée requise, et sa revalorisation se négocie au lieu de suivre les prix par la loi.
- La méthode. Relevé vérifié et corrigé maintenant, M@rel en « revenus futurs nuls », liquidations à 64 et 67 ans comparées, décote de prudence politique de 10-20 %. Ce chiffre daté entre dans un simulateur, la deuxième sensibilité du plan.
- L'entretien du droit est bon marché. Environ 7 200 € de revenus cotisés par an valident 4 trimestres, et ~9 600 € éteignent en plus la PUMa. La séquence est amortie au passage, c'est le Barista subventionné. Le chômage indemnisé et les rachats déductibles complètent. Faites le devis de rachat avant tout produit de rente privé.
- Liquidation. À 64 ans, la décote de base plafonne à 12 trimestres, soit −15 %, et la complémentaire à −12 %. L'arbitrage 64/67 est donc serré, et il se tranche sur la longévité, la réversion et la CSM plutôt que sur la longueur de la carrière. Et la veille reste active, car c'est le chapitre du livre qui périme le plus vite.

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## Pour aller plus loin

- [info-retraite.fr](https://www.info-retraite.fr) : le relevé tous régimes, le simulateur M@rel et les devis de rachat, la source avant et au-dessus de tout.
- [lassuranceretraite.fr](https://www.lassuranceretraite.fr) et [agirc-arrco.fr](https://www.agirc-arrco.fr) : les règles fines de chaque étage (SAM, coefficients, réversion).
- Les textes de la réforme 2023 (âge, durée) et chaque loi de financement : la veille annuelle de ce chapitre.
- Dans ce livre : [[rentes-et-annuites]] (la pension comme rente, les rachats comparés), [[taxe-puma]] (l'interrupteur commun), [[revenus-complementaires]] (l'entrée dans le plan), [[horizon-et-esperance-de-vie]] (le pont).
