La taxe PUMa : le piège du rentier français

Un prélèvement échappe à la plupart des candidats FIRE français. Ils le découvrent trop tard, souvent par un courrier de l'URSSAF deux ans après leur départ. C'est la cotisation subsidiaire maladie (CSM), dite « taxe PUMa ». Son principe vise exactement le profil de ce livre. Celui qui vit de son capital, sans activité professionnelle ni pension, doit cotiser à l'assurance maladie sur ses revenus du capital. Comptez environ 6,5 % par an sur les revenus du patrimoine au-delà d'une franchise, par-dessus toute la fiscalité du chapitre précédent (PFU, barème, abattements : l'imposition des retraits).

Pour un rentier précoce en phase de pont, la facture atteint souvent plusieurs milliers d'euros par an, soit l'équivalent de 0,2 à 0,4 point de taux de retrait. Bonne nouvelle au milieu du piège, c'est aussi l'un des prélèvements les plus pilotables du système. Ses seuils, son assiette annuelle et son interrupteur en font un cas d'école d'optimisation légale du plan (une petite activité l'éteint intégralement). Cet article déroule le dossier. L'histoire et la logique du dispositif, la formule exacte et ses seuils, qui est touché et qui y échappe, l'assiette et ses zones grises, nommées comme telles, les quatre parades classées par efficacité, enfin l'intégration au plan et au simulateur.

Avertissement redoublé ici. Le dispositif a été créé en 2016, refondu en 2019, et il reste politiquement instable. Les chiffres sont à jour de 2026, mais la vérification annuelle reste obligatoire.

La formule, les seuils, la facture§

La formule (état 2019-2026). La cotisation annuelle suit la formule du code de la Sécurité sociale :

CSM = 6,5 % × (revenus du capital − 0,5 × PASS) × (1 − revenus d'activité / (0,2 × PASS))

Le PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale) vaut 48 060 € en 2026 et se revalorise chaque année. L'assiette des revenus du capital est plafonnée à 8 PASS, soit ~384 000 €. La cotisation n'est due que si les deux conditions sont réunies, activité < 20 % du PASS et capital > 50 % du PASS. Le dernier facteur est la décote linéaire. Plus vos revenus d'activité approchent du seuil, plus la cotisation fond, jusqu'à zéro au seuil. C'est l'interrupteur dont tout découle.

TAXE PUMALa carte de la CSM, et l'interrupteur qui l'éteintrevenus du capital réalisés (k€ par an)seuil d'activité, 0,2 PASS9 612 €0 €0 €0 €franchise, 0,5 PASS24 030 €en dessous, aucune cotisation0367210814402 4004 8007 2009 60012 000revenus d'activité déclarés (€ par an)cotisation(€ par an)6 9465 0003 5002 5001 5005000blanc0 €L'interrupteur : passé le seuil d'activité, la colonne entière tombe à zéro.PASS 2026 = 48 060 €. Décote linéaire de l'article D. 380-1 du code de la Sécurité sociale.Assiette plafonnée à 8 PASS (384 480 €), au-delà de cette carte. Chaque case est calculée en son centre.
Le montant de la cotisation pour chaque combinaison de revenus d'activité et de revenus du capital réalisés, au PASS 2026 de 48 060 €, selon la formule de l'article D. 380-1 du code de la Sécurité sociale. On y lit deux zones blanches, sous la franchise de 0,5 PASS de capital et au-delà de 0,2 PASS d'activité. Entre les deux, la cotisation monte régulièrement avec le capital réalisé.

Les ordres de grandeur. Un rentier sans activité avec 60 000 € de revenus du capital imposables paie une CSM ≈ 6,5 % × (60 000 − 24 030) ≈ 2 340 €/an. Avec 120 000 €, lors d'une grosse année de plus-values, elle grimpe à ≈ 6 240 €. Le maximum théorique, assiette plafonnée, atteint ~23 400 €/an. L'appel arrive avec un décalage. La CSM de l'année N se calcule sur les revenus de N, au PASS de N, puis n'est appelée que fin N+1. C'est le fameux courrier-surprise. Budgétez-la l'année où vous générez l'assiette, pas l'année où elle tombe.

L'assiette : ce qui compte. Les revenus du capital au sens du dispositif recouvrent pour l'essentiel trois postes. Les revenus fonciers, les revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, dont les gains des rachats d'assurance-vie) et les plus-values imposables. En gros, ce que votre déclaration fait apparaître comme revenus du patrimoine. De là viennent les leviers structurels. Ce qui n'apparaît pas n'entre pas dans l'assiette, à commencer par les gains latents, que l'enveloppe capitalisante garde hors de la déclaration (Construire en UCITS : le portefeuille de retrait de l'investisseur européen). De là viennent aussi des zones grises documentées, comme le traitement fin des retraits de PEA, de certaines PV et l'articulation exacte avec le revenu fiscal de référence (RFR). La doctrine URSSAF a évolué sur ces points. Cet article s'interdit d'y trancher, car c'est au simulateur URSSAF, et au besoin à un rescrit, de trancher votre cas, chaque année (La revue annuelle : la check-list du rentier).

Qui est touché, qui échappe : la cartographie§

Touchés : le rentier précoce sans aucune activité, pendant toute la phase de pont. C'est la population cible, presque nommément. Exemptés de droit, plusieurs profils. Les titulaires de revenus d'activité au-dessus du seuil. Les titulaires d'une pension de retraite, de base ou complémentaire, même modeste, car la liquidation éteint la CSM à vie (un argument de plus au dossier des trimestres, FIRE et retraite légale : trimestres, AGIRC-ARRCO, décote). Les chômeurs indemnisés, ce qui fait des allocations post-rupture conventionnelle un sursis de CSM en début de FIRE. Enfin les situations de couple où les conditions ne sont pas réunies, l'appréciation tenant compte de la situation du foyer. L'activité suffisante d'un conjoint change la donne. Les modalités exactes de calcul en couple ont fait l'objet d'ajustements, donc vérifiez votre cas au simulateur, sans rien supposer.

Notez le zigzag. Le dispositif initial de 2016 taxait 8 % au-delà d'une franchise de 25 % du PASS seulement, avec un seuil d'activité à 10 % du PASS et sans décote. Il a été contesté, contentieux à l'appui, puis recalibré en 2019 vers la formule actuelle, plus douce. L'histoire enseigne que les paramètres bougent, dans les deux sens. La CSM est un poste de veille, pas une constante du plan. C'est la « saisie réglementaire douce » de Hyperinflations et scénarios extrêmes, en version ordinaire.

L'intégration au plan, et au simulateur§

Dans le dimensionnement. La CSM est une friction sur les revenus réalisés de la phase de pont. Pour un plan organisé, avec enveloppes capitalisantes et rachats dosés, elle ressort typiquement à 0,5-2 k€/an. Pour un plan naïf, avec gros CTO distribuant et grosses ventes annuelles, elle grimpe à 3-8 k€/an. L'écart est un argument d'organisation de plus. Dans un simulateur. Le curseur fiscal unique l'approxime (Utiliser le simulateur FIRE de pofo). Son défaut de 32,8 % correspond peu ou prou à « PFU + une CSM moyenne ». Si vous avez calibré votre taux mixte (PFU, barème, abattements : l'imposition des retraits), ajoutez-y l'équivalent CSM de votre structure, soit la part des revenus réalisés dans vos flux × 6,5 %, au-delà de la franchise. Souvenez-vous enfin que la CSM s'éteint à la pension. Le taux mixte de la phase adossée est plus bas. C'est une raison de plus pour laquelle le plan français type s'améliore tout seul avec l'âge (Horizon, espérance de vie et retraites de 50 ans).

Dans la gouvernance. Gardez trois réflexes. Le simulateur URSSAF chaque année de pont, car l'assiette et la doctrine bougent (dix minutes suffisent). La provision comptable l'année de réalisation, car l'appel arrive en N+1 et le plan de trésorerie doit le savoir (La revue annuelle : la check-list du rentier). La veille législative enfin, car le dispositif est un marqueur politique. Chaque loi de financement de la Sécurité sociale peut le retoucher. C'est le poste fiscal du plan FIRE à surveiller de près.

L'essentiel à retenir§


Pour aller plus loin§